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Santé

Varus du pied : les risques d’une déviation silencieuse sur votre équilibre

Solène Arnal-Garnier 4 min de lecture

Marcher sur le bord externe du pied dépasse le simple cadre d’une habitude posturale ou d’une usure asymétrique des semelles. Cette inclinaison, nommée varus du pied, correspond à une déviation de l’arrière-pied où le talon s’oriente vers l’intérieur. Si cette condition est détectée dès la naissance sous des formes sévères, elle s’installe parfois de manière subtile chez l’adulte, modifiant la biomécanique du membre inférieur. Identifier les mécanismes du varus permet de protéger les articulations contre une usure prématurée et des douleurs chroniques qui limitent la mobilité quotidienne.

Comprendre l’anatomie : qu’est-ce que le varus du pied ?

Le varus décrit un alignement anatomique précis. Pour le visualiser, il suffit d’observer le calcanéum, l’os principal du talon. Dans un pied neutre, le talon est vertical, aligné avec l’axe de la jambe. Dans le cas d’un pied varus, la base du talon bascule vers l’intérieur, ce qui entraîne mécaniquement une inclinaison de l’ensemble du pied vers l’extérieur. Ce mouvement dynamique est souvent qualifié de supination excessive.

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La différence entre varus et valgus

La distinction entre ces deux termes est essentielle. Alors que le valgus projette le talon vers l’extérieur, provoquant un affaissement de la voûte plantaire, le varus produit l’effet inverse. Il est fréquemment associé à un pied creux, caractérisé par une cambrure très prononcée. Cette configuration réduit la surface de contact avec le sol, concentrant le poids du corps sur une fine bande latérale. Cette répartition inégale des pressions génère des complications dermatologiques, comme des cors ou des durillons, ainsi que des contraintes articulaires répétées.

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Les signes cliniques qui ne trompent pas

Le diagnostic repose souvent sur une observation simple des chaussures : une usure marquée sur le bord extérieur de la semelle indique une déviation. Au-delà de l’aspect visuel, les patients rapportent une sensation d’instabilité, comme si la cheville était prête à lâcher sur un terrain irrégulier. Lors de l’examen clinique, le podologue ou l’orthopédiste observe la position du patient debout. On note souvent une rétraction du muscle tibial postérieur, qui tire le pied vers l’intérieur, couplée à une faiblesse des muscles péroniers, pourtant indispensables à la stabilisation du bord externe.

Les causes : de la malformation congénitale au trouble acquis

Le varus du pied trouve ses racines dans divers contextes cliniques. Chez le nouveau-né, la forme la plus fréquente est le pied bot varus équin. Cette déformation tridimensionnelle touche environ un enfant sur 1000 naissances. Les garçons sont deux fois plus concernés que les filles, et dans 50 % des cas, l’atteinte est bilatérale. Les origines exactes mêlent facteurs génétiques et contraintes de compression fœtale.

Schéma anatomique comparatif du varus du pied montrant l'inclinaison du calcanéum
Schéma anatomique comparatif du varus du pied montrant l’inclinaison du calcanéum

Chez l’adulte, le varus résulte souvent de l’évolution d’une structure particulière ou d’un événement neurologique. Une faiblesse musculaire consécutive à une sciatique paralysante ou des pathologies comme la maladie de Charcot-Marie-Tooth entraînent une déformation progressive. Le pied se creuse, les orteils se rétractent en griffe et le talon bascule pour compenser le déséquilibre entre les muscles fléchisseurs et extenseurs.

Le rôle de l’hérédité et de la croissance

Il existe un varus dit constitutionnel. Certains individus naissent avec une morphologie osseuse favorisant cette inclinaison. Durant la croissance, sans exercices correctifs ou chaussage adapté, la déformation se fixe. L’os s’adapte aux contraintes mécaniques selon la loi de Wolff, transformant une simple posture en une structure rigide difficile à corriger sans intervention médicale à l’âge adulte.

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Traitements et prises en charge : l’importance de la précocité

La stratégie thérapeutique dépend de l’âge du patient et de la souplesse de la déformation. Plus le pied est réductible, c’est-à-dire que le talon peut être remis manuellement dans l’axe, plus les traitements conservateurs offrent de bons résultats.

La méthode Ponseti : la référence chez le nourrisson

Pour le pied bot varus équin du nouveau-né, la méthode Ponseti constitue la référence. Elle repose sur une série de 5 à 6 plâtres successifs, changés chaque semaine, qui redressent progressivement le pied. Dans 95 % des cas, une ténotomie du tendon d’Achille est nécessaire pour libérer la tension finale. Le

Solène Arnal-Garnier
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