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Santé

Scintigraphie des genoux : l’examen qui repère des anomalies osseuses invisibles à la radiographie

Solène Arnal-Garnier 8 min de lecture

Une scintigraphie des genoux est prescrite quand une douleur persiste, qu’une radiographie ne suffit pas à expliquer les symptômes ou qu’un médecin veut rechercher une anomalie osseuse avec plus de sensibilité. Cet examen de médecine nucléaire peut impressionner à cause du mot « radioactif », mais son déroulement est simple : injection d’un traceur, temps d’attente, puis réalisation d’images avec une gamma-caméra.

Ce que montre vraiment une scintigraphie osseuse du genou

La scintigraphie osseuse du genou est un examen d’imagerie nucléaire. Elle ne photographie pas seulement la forme de l’os comme une radiographie. Elle repère surtout les zones où l’activité osseuse est modifiée. Elle aide donc à détecter des remaniements osseux, parfois avant qu’ils soient visibles sur une image classique.

Comprendre la scintigraphie du genou

Le principe repose sur l’injection par voie veineuse d’un produit faiblement radioactif, aussi appelé traceur radioactif. Le Technétium 99m est cité par l’Institut Harmonie Tours comme traceur utilisé dans ce contexte. Une fois dans l’organisme, ce produit se fixe davantage sur les tissus osseux abîmés, modifiés ou en activité métabolique accrue. La gamma-caméra détecte ensuite la radioactivité émise et permet de produire des images exploitables par le médecin nucléaire.

Radiographie, IRM, scanner : pourquoi cet examen apporte autre chose

La radiographie reste utile pour visualiser l’alignement, l’usure articulaire ou certaines fractures. L’IRM explore très bien les tissus mous, comme les ligaments, les ménisques ou les structures inflammatoires autour du genou. La scintigraphie, elle, renseigne surtout sur la réaction de l’os. Elle complète donc ces examens quand la douleur est réelle, mais que les images habituelles ne donnent pas d’explication suffisante.

Examen Ce qu’il apporte surtout Intérêt pour le genou
Radiographie Image anatomique de l’os et de l’articulation Arthrose visible, fracture, déformation
IRM Analyse fine des tissus mous et de la moelle osseuse Ménisques, ligaments, inflammation, lésions associées
Scintigraphie osseuse Activité métabolique et remaniements osseux Douleur inexpliquée, fissure de fatigue, infection, prothèse
Scanner ou TDM couplé Localisation anatomique plus précise Corrélation entre fixation anormale et lésion osseuse

Dans quels cas une scintigraphie des genoux est prescrite

Le médecin peut demander une scintigraphie du genou lorsque les symptômes, l’examen clinique et les premières images ne suffisent pas à trancher. Elle est utile quand on cherche une anomalie osseuse active : une zone qui souffre, se répare, s’infecte ou réagit à une contrainte mécanique.

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Douleur persistante ou radiographie normale

Une douleur squelettique inexpliquée fait partie des indications classiques. C’est notamment le cas après un traumatisme, une reprise sportive, une douleur qui augmente à l’appui ou une gêne durable malgré un bilan initial rassurant. L’Institut Harmonie Tours mentionne la possibilité de détecter des fissures de fatigue seulement deux heures après l’injection du traceur, ce qui montre l’intérêt de l’examen pour certaines lésions précoces.

Arthrose, infection, prothèse et métastases osseuses

La scintigraphie peut contribuer au diagnostic d’une arthrose, d’une blessure osseuse ou d’une infection. Dans le cas d’une prothèse du genou, elle peut être demandée si le médecin suspecte une complication, notamment une infection de prothèse évoquée par l’Institut Harmonie Tours. Dans un contexte de cancer, elle peut aussi participer à la recherche de métastases osseuses, comme le rappelle Elsan dans ses informations sur la scintigraphie osseuse.

Il faut toutefois éviter d’interpréter seul une « fixation » sur le compte rendu. Une zone qui capte davantage le traceur signale une activité osseuse augmentée, mais pas forcément une maladie grave. Le résultat prend son sens avec l’âge, les antécédents, la localisation précise de la douleur, les autres examens et l’examen clinique.

Le déroulement concret : injection, attente, images

La scintigraphie des genoux se déroule dans un service de médecine nucléaire. Le parcours est simple, mais il prend du temps, car le produit injecté doit se fixer dans l’os avant que les images principales soient réalisées.

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L’injection et les premiers clichés éventuels

L’examen commence par une injection intraveineuse du traceur. La sensation est comparable à une prise de sang ou à une injection classique. Selon l’Hôpital Foch, 1 ou 2 clichés peuvent être réalisés juste après l’injection, pendant environ 10 à 15 min, lorsqu’ils sont utiles à l’analyse. Ensuite, vous attendez que le produit se répartisse et se fixe au niveau osseux.

Pourquoi il faut attendre avant les images

Le délai d’attente est une étape normale de l’examen. L’Hôpital Foch indique un délai de 2 à 6 heures pour permettre la fixation du produit dans l’os. MNT37 mentionne des images réalisées environ 2h30 après l’injection du médicament radioactif. Selon l’organisation du service et le protocole demandé, il peut être possible de patienter sur place ou de quitter temporairement le service si l’équipe médicale vous l’autorise.

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On peut comparer la gamma-caméra à une lentille très particulière : elle ne cherche pas d’abord les contours visibles du genou, mais la répartition d’un signal. Là où une photo classique montre une surface, la scintigraphie révèle une carte d’intensité, avec des zones plus ou moins actives. Cette façon de lire l’image explique pourquoi l’examen peut être précieux quand la douleur vient d’un phénomène discret, diffus ou encore mal visible anatomiquement.

La prise des images : rester immobile compte vraiment

Les images sont réalisées en position couchée sur une table d’examen. Le détecteur de la gamma-caméra se déplace autour de vous ou au plus près, sans forcément vous toucher. La durée des images est généralement de 30 à 45 minutes, selon l’Hôpital Foch et MNT37. Pendant cette phase, l’immobilité est importante : le moindre mouvement peut créer du flou et réduire la précision diagnostique.

Dans certains cas, des acquisitions complémentaires sont couplées à une TDM selon l’Hôpital Foch, ou à un scanner selon MNT37. L’objectif est de mieux relier la zone de fixation du traceur à une localisation anatomique précise du genou.

Préparation, radioactivité et précautions à connaître

Dans la plupart des cas, la scintigraphie du genou ne demande pas de préparation lourde. Il n’est généralement pas nécessaire d’être à jeun, et l’Hôpital Foch indique qu’il n’est pas nécessaire de modifier son traitement habituel, sauf consigne particulière du médecin ou du service.

  • Apportez l’ordonnance, votre carte Vitale, votre complémentaire santé et vos examens précédents si vous en avez.
  • Signalez une grossesse, un retard de règles ou un allaitement avant l’injection.
  • Portez si possible des vêtements confortables et faciles à retirer si le service le demande.
  • Retirez les objets métalliques si l’équipe vous le demande, surtout lors des images couplées.
  • Prévoyez le temps nécessaire : l’attente est souvent plus longue que la prise d’images elle-même.

La radioactivité est-elle dangereuse ?

Le produit utilisé est faiblement radioactif, et l’Institut Harmonie Tours parle d’une dose infime. La radioactivité diminue ensuite naturellement et le produit non fixé est éliminé par l’organisme, notamment dans les urines. C’est pourquoi les consignes d’hydratation et de miction sont importantes.

Après l’examen, l’Hôpital Foch recommande de boire fréquemment et de vider souvent la vessie pendant 3 à 4 heures. Ce geste simple aide à éliminer plus rapidement le produit résiduel. Pour l’entourage, aucune précaution particulière n’est généralement nécessaire, mais les situations de grossesse ou d’allaitement doivent toujours être discutées avec l’équipe médicale.

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Grossesse et allaitement : les points à signaler

Une grossesse, un retard de règles ou un allaitement doivent être signalés avant l’examen, car l’équipe adapte la conduite à tenir. En cas d’allaitement, l’Hôpital Foch indique une interruption pendant 4 heures après l’examen, avec du lait à tirer et à jeter pendant cette période. Ne prenez pas d’initiative seule : demandez toujours les consignes précises au service qui réalise la scintigraphie.

Résultats, prise en charge et suite du parcours

Les images sont analysées par un médecin nucléaire, qui rédige un compte rendu. Le résultat est ensuite transmis au médecin prescripteur, lequel l’interprétera avec vos symptômes, l’examen clinique et les autres imageries. C’est cette mise en relation qui permet de décider de la suite : surveillance, traitement, examens complémentaires, avis orthopédique, rhumatologique ou infectiologique selon le contexte.

Le compte rendu peut mentionner une fixation augmentée, des remaniements osseux ou une anomalie à corréler avec une lésion anatomique. Cela ne remplace pas le diagnostic médical final : la scintigraphie apporte une pièce importante du puzzle, surtout lorsqu’elle est complétée par un scanner, une TDM, une IRM ou une radiographie récente.

Côté coût, Elsan indique que le prix de la scintigraphie osseuse est entièrement pris en charge par l’Assurance maladie et la complémentaire santé, avec de possibles dépassements d’honoraires dans certains établissements et un devis préalable dans ce cas. L’examen se fait sur prescription médicale, généralement dans un service de médecine nucléaire hospitalier ou privé.

Si une scintigraphie des genoux vous est prescrite, le plus utile est donc de venir avec vos examens antérieurs, de signaler les situations particulières et de prévoir une demi-journée disponible. L’examen est surtout long par son temps d’attente, pas par sa complexité technique ni par sa douleur.

Solène Arnal-Garnier
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