N° 04 · SAISON 25–26 Saint-Gervais, Mont-Blanc
WinterSport Le journal du froid et de la glisse Écrire à la rédaction
Santé

Uncodiscarthrose et travail : 3 leviers pour protéger votre carrière malgré les douleurs cervicales

Solène Arnal-Garnier 6 min de lecture

L’uncodiscarthrose est une pathologie dégénérative qui combine l’usure des disques intervertébraux et celle des petites articulations latérales, les uncus, situées sur la colonne cervicale. Bien que fréquente avec l’âge, cette condition représente un défi pour les actifs dont le métier exige des postures prolongées ou des mouvements répétés du cou. La douleur, souvent accompagnée de raideurs ou de fourmillements dans les bras, peut entraver la performance et le bien-être. Recevoir ce diagnostic ne marque pas la fin de votre carrière, mais impose une adaptation rigoureuse de votre environnement professionnel.

Comprendre l’impact de l’uncodiscarthrose sur l’activité professionnelle

L’uncodiscarthrose se manifeste par la formation d’excroissances osseuses, les ostéophytes, appelées « becs de perroquet ». Ces excroissances réduisent l’espace disponible pour les nerfs, provoquant des névralgies cervico-brachiales. Au travail, cette pathologie entraîne une fatigabilité musculaire accrue au niveau du cou et des épaules, rendant certaines tâches pénibles.

Testez vos connaissances sur l’uncodiscarthrose au travail

Les métiers les plus exposés aux symptômes

Contrairement aux idées reçues, l’uncodiscarthrose ne touche pas uniquement les travailleurs manuels. Les employés de bureau, soumis à de longues heures devant un écran, sont vulnérables. La position statique de la tête, souvent penchée vers l’avant, exerce une pression constante sur les vertèbres C4, C5 et C6. À l’inverse, les métiers de la logistique ou du bâtiment sollicitent la colonne cervicale par des vibrations ou des torsions brusques, accélérant la dégradation des disques.

Les signaux d’alerte à ne pas ignorer au bureau

Il est nécessaire d’identifier les moments où la pathologie interfère avec votre efficacité. Une sensation de brûlure entre les omoplates en fin de journée, des maux de tête fréquents ou une perte de force dans les mains lors de la manipulation d’outils sont des signes que l’uncodiscarthrose s’installe. Ignorer ces symptômes conduit souvent à une inflammation chronique, rendant les périodes de repos moins réparatrices.

LIRE AUSSI  Tendinite sous le pied : 5 remèdes naturels pour soulager la douleur et remarcher sans gêne

Considérez votre capital santé comme une ressource à préserver. Si votre environnement de travail est inadapté, votre colonne vertébrale subit des contraintes excessives. L’uncodiscarthrose indique que votre écosystème professionnel doit être ajusté. Il ne s’agit pas seulement de traiter la douleur, mais de modifier les conditions autour de votre colonne vertébrale pour permettre une activité durable. Cette approche préventive permet de passer d’une logique de subir la douleur à une stratégie de préservation de son autonomie par des ajustements précis.

Aménager son poste de travail : solutions ergonomiques concrètes

L’adaptation de l’environnement est le premier levier pour limiter l’aggravation de l’uncodiscarthrose. L’objectif est de maintenir la colonne cervicale dans une position neutre, en respectant ses courbures naturelles.

Infographie sur les postures de travail ergonomiques pour prévenir l'uncodiscarthrose et les douleurs cervicales
Infographie sur les postures de travail ergonomiques pour prévenir l’uncodiscarthrose et les douleurs cervicales

L’importance de l’alignement visuel

Pour un travail sur écran, le haut du moniteur doit arriver au niveau de vos yeux. Si l’écran est trop bas, vous sollicitez les muscles postérieurs du cou de manière excessive. L’utilisation d’un support d’ordinateur portable ou d’un bras articulé pour écran est une solution efficace. Pour les travailleurs qui consultent souvent des documents papier, l’ajout d’un porte-document incliné entre le clavier et l’écran évite les flexions répétées du cou.

Le choix du mobilier et des accessoires

Un fauteuil ergonomique avec un appui-tête réglable soulage les tensions lors des phases de réflexion. L’accessoire le plus sous-estimé reste le kit mains libres ou le casque téléphonique. Coincer son téléphone entre l’oreille et l’épaule est un geste traumatisant pour une personne souffrant d’uncodiscarthrose, car il comprime directement les uncus et les racines nerveuses.

Accessoire Bénéfice pour l’uncodiscarthrose Usage recommandé
Bras d’écran Réduit la flexion cervicale prolongée Poste informatique fixe
Casque audio/téléphonique Évite la torsion latérale du cou Appels fréquents
Souris verticale Relâche les tensions de l’épaule Travail de précision
Bureau assis-debout Varie les pressions discales Changement de posture régulier
LIRE AUSSI  Fessalgie : 6 semaines pour guérir et les 3 erreurs qui prolongent la douleur

Reconnaissance et droits : les démarches administratives

Lorsque les douleurs deviennent handicapantes, il est nécessaire de se tourner vers les dispositifs légaux pour protéger son emploi. La France dispose de mécanismes permettant d’ajuster la charge de travail ou de bénéficier d’aides financières pour l’équipement.

La visite de pré-reprise et le rôle du médecin du travail

Si vous êtes en arrêt maladie à cause de vos cervicales, demandez une visite de pré-reprise auprès de la médecine du travail. Ce rendez-vous permet d’anticiper votre retour en préconisant des aménagements comme un temps partiel thérapeutique ou une limitation du port de charges. Le médecin du travail connaît les contraintes de votre poste et peut dialoguer avec votre employeur pour sécuriser votre maintien en poste.

L’uncodiscarthrose peut-elle être une maladie professionnelle ?

La reconnaissance en maladie professionnelle pour l’uncodiscarthrose est complexe car elle ne figure pas explicitement sous ce nom dans les tableaux de la Sécurité sociale. Elle peut toutefois être rattachée au tableau n°57, qui concerne les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures. Une demande hors tableau est possible si vous prouvez un lien direct entre votre travail et la pathologie, avec un taux d’incapacité permanente supérieur à 25 %. Vous pouvez également solliciter la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) auprès de la MDPH pour obtenir des financements d’aménagement via l’Agefiph ou le FIPHFP.

Exercices et hygiène de vie pour stabiliser la pathologie

Le traitement de l’uncodiscarthrose nécessite une approche active pour renforcer les muscles stabilisateurs du cou et maintenir la mobilité articulaire.

LIRE AUSSI  Transpiration et sport : 37°C, thermorégulation et réalité biologique

La micro-pause active : un réflexe vital

Toutes les heures, pratiquez des exercices de « rétraction cervicale ». Rentrez le menton sans baisser la tête, comme pour faire un double menton, afin de réaligner les vertèbres et de soulager la pression sur les disques. Ce mouvement simple peut être effectué discrètement en réunion ou devant son écran. Il permet de rompre la stase inflammatoire qui s’installe lors de l’immobilité prolongée.

La kinésithérapie et le renforcement postural

Un kinésithérapeute peut vous enseigner des exercices de renforcement des muscles profonds du cou et des fixateurs de l’omoplate. Un dos solide et des épaules stables offrent une base de soutien efficace pour les cervicales. En complément, l’activité physique douce comme la natation ou le yoga adapté aide à conserver la souplesse des tissus mous entourant les vertèbres. L’objectif est d’éviter l’enraidissement définitif.

La gestion du stress est également déterminante. Les tensions psychologiques se répercutent sur les muscles trapèzes, aggravant la compression des articulations cervicales. Apprendre des techniques de respiration abdominale permet, en quelques minutes, de faire baisser le tonus musculaire global et de réduire l’intensité de la douleur durant la journée de travail.

Solène Arnal-Garnier
Retour en haut